Coop à Cuba

Cuba n'est pas le pays que vous croyez !


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Deux représentants de l'ambassade de Cuba avec Nathalie et Jacques Burlaud (Photo : Edith Van Cutsem - La NR )

A l’occasion de la clôture des Journées cubaines de Vendôme, une rencontre a eu lieu, samedi, avec deux représentants de l’ambassade.

Devant le drapeau cubain placardé sur une baie vitrée du foyer des jeunes travailleurs Clemenceau, la NR s’est entretenue avec deux représentants de l’ambassade de Cuba à Paris, Alexa Morales Hernandez, de l’office culturel et Jose E. Rodriguez Rodriguez, de l’office de coopération académique et universitaire. Après avoir suivi l’assemblée générale de l’association vendômoise présidée par Jacques Burlaud qui a fait le point sur les aides apportées depuis plusieurs années à la population de la ville et de la province de Sancti Spiritus, et après avoir salué la programmation des 7emes Journées cubaines marquées par des projections de films suivies notamment par un large public scolaire, ils répondent aux interrogations.

Êtes-vous étonnés qu’une association comme CoopàCuba organise cinq jours de festival autour de votre culture ?
« Surpris car il s’agit d’une démarche unique de coopération concrète qui ne se limite pas à l’intérêt culturel, mais d’une véritable aide qui intervient dans les territoires en lien avec les besoins spécifiques exprimés par un foyer de jeunes mères célibataires, par un lieu d’accueil pour personnes âgées… »

Selon vous, actuellement, quelles sont les plus importantes transformations en cours à Cuba ?
« En avril a été votée une nouvelle constitution qui est née d’une large consultation populaire qui a duré plusieurs mois jusqu’au referendum de février dernier où 1,1 million d’électeurs ont voté. Près de 60 % de la constitution de 1992, déjà modifiée en 2002, a été changée. Par exemple, désormais le président est élu pour cinq ans avec une seule possibilité de renouvellement. Et la libre entreprise et la propriété privées sont reconnues. »

Vous pensez donc être un pays démocratique ?
« Oui, mais pas comme vous l’entendez en Occident. Nous sommes sur un autre concept de démocratie avec pour base le soutien populaire par le biais d’élections. Par la Révolution en 1959, nous avons dû nous libérer de la dictature de Batista, puis nous adapter au blocus des États-Unis. Si des choses avaient été assouplies avec le président Obama, aujourd’hui, tout a reculé avec le président Trump. Tout ce qui de près ou de loin participe au système bancaire, aux transports, à l’industrie… en un mot aux échanges économiques des autres pays avec Cuba est fortement pénalisé par les Américains… Contrairement à l’Irak, l’Iran ou la Russie, nous ne faisons pas l’objet de sanctions décidées par l’Europe, une Europe avec qui nous avons de bonnes relations, mais uniquement avec les USA dans le cadre d’une mesure unilatérale de blocus. Ce blocus, les 193 États de l’ONU ne peuvent pas le lever en raison de l’éternel veto des USA et d’Israël. »

Que répondez-vous aux sceptiques qui voient Cuba comme une dictature ?
« Qu’ils viennent visiter notre pays ! En 2018, nous avons atteint le seuil historique de 4,5 millions de touristes dont un million de Canadiens et en quatrième position les Français, juste avant les Allemands et derrière… les Américains. »



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Les journées cubaines ont programmé neuf films, un concert, une exposition de photos, une conférence et un repas. (Photo : Jacques Burlaud)

Source : La Nouvelle République du 14 octobre 2019